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Tomate marocaine : quels défis pour les producteurs après la conférence d’Agadir ?

La Morocco Tomato Conference 2026, tenue le 21 mai à Agadir, a réuni plus de 700 acteurs autour de la tomate marocaine, en abordant les nouveaux défis sanitaires, climatiques et commerciaux qui façonnent la filière. Le mot‑clé « tomate marocaine » apparaît dès les premiers échanges, soulignant l’enjeu central de cet événement pour les exploitations de Souss‑Massa, du Gharb et du Saïss.

Contexte et faits marquants de la conférence (tomate marocaine)

Organisée dans la salle des Congrès Les Dunes d’Or, la Morocco Tomato Conference 2026 a compté 56 exposants et des délégations de 25 pays. Au programme : analyses du marché mondial, évolutions de la consommation européenne et stratégies face au virus ToBRFV. L’événement a également mis en lumière le modèle mexicain de production sous serre, désormais étudié comme référence pour la région d’Agadir.

Le plan Maroc Vert, renforcé par le programme Génération Green 2020‑2030, place la tomate parmi les cultures prioritaires pour les investissements en irrigation et digitalisation. L’ONCA,

à travers son Service de l’Optimisation des Ressources (SOR), a présenté les dernières recommandations pour la gestion des drains d’irrigation, un point crucial dans les zones à forte pression hydrique.

Analyse et enjeux pour la filière

Pression sanitaire : ToBRFV et hygiène de la chaîne de semence

Le virus ToBRFV, déjà identifié dans plusieurs exploitations du Gharb, reste la principale menace sanitaire. Les experts de l’INRA ont exposé des protocoles de désinfection des tunnels et le suivi de la santé du plant grâce aux capteurs IoT. La mise en conformité avec les standards européens de sémission de semences devient indispensable pour conserver les accès aux marchés de l’UE.

Maîtrise de l’eau et recyclage des drains

Dans le bassin de Souss‑Massa, la disponibilité de l’eau diminue sous l’effet du réchauffement climatique. Le ministère de l’Agriculture, via l’ADA, a présenté des projets de recyclage des eaux de ruissellement, couplés à des systèmes d’irrigation goutte‑à‑goutte pilotés par des plateformes numériques développées par le COMADER. Cette démarche vise à réduire la consommation d’eau de 15 % d’ici 2030.

Digitalisation et disponibilité de la main‑d’œuvre

Les solutions de télémétrie et de suivi en temps réel, proposées par des start‑ups locales, permettent d’optimiser la densité de plantation et de prévoir les besoins en main‑d’œuvre saisonnière. Le problème de la pénurie de travailleurs, accentué par la migration rurale, pourrait être atténué par l’adoption de ces outils, selon les conclusions présentées par le groupe FIFEL.

Implications concrètes pour les producteurs marocains

Pour les agriculteurs du Saïss et du Doukkala, les recommandations de la conférence traduisent plusieurs actions :

  • Adopter des variétés de tomate à résistance accrue au ToBRFV, sélectionnées par l’INRA.
  • Installer des systèmes d’irrigation goutte‑à‑goutte connectés, éligibles aux subventions du Programme Génération Green.
  • Intégrer des pratiques de désinfection des serres, conformes aux exigences phytosanitaires de l’Union européenne.
  • Utiliser les plateformes de suivi de la main‑d’œuvre proposées par le COMADER pour planifier les opérations de récolte.

Ces mesures, si elles sont mises en œuvre, devraient améliorer la compétitivité de la tomate marocaine sur les marchés européens tout en réduisant les coûts de production.

Perspectives et points clés à retenir

  • Le ToBRFV reste la principale contrainte sanitaire ; la prévention passe par la certification des semences et la désinfection des serres.
  • L’accès aux marchés européens dépend davantage de la conformité aux standards de qualité que du volume exporté.
  • La digitalisation de la chaîne de production est désormais un levier essentiel pour compenser la pénurie de main‑d’œuvre.
  • Les projets de recyclage de l’eau et d’irrigation précise, soutenus par l’ADA et Génération Green, sont prioritaires pour la durabilité de la filière.

Questions fréquentes

Comment la Morocco Tomato Conference 2026 influence‑t‑elle les exportations de tomate vers l’Europe ?

En mettant l’accent sur les exigences phytosanitaires et la traçabilité, la conférence incite les producteurs à adopter des pratiques conformes aux normes européennes, facilitant ainsi l’accès aux marchés UE.

Quelles mesures concrètes sont proposées pour lutter contre le virus ToBRFV ?

Les experts recommandent la certification de semences saines, la désinfection systématique des serres et l’utilisation de variétés résistantes développées par l’INRA.

Quel rôle joue la digitalisation dans la gestion de la main‑d’œuvre agricole pour la tomate ?

Les plateformes numériques permettent de planifier les besoins en main‑d’œuvre, d’optimiser les horaires de travail et de réduire le recours à la main‑d’œuvre saisonnière étrangère.

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