Afourer : l’INRA met en lumière ses nouvelles obtentions pour consolider la souveraineté semencière
L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) a présenté ce mardi au Domaine expérimental d’Afourer une série de nouvelles obtentions en céréales, légumineuses, fourrages et oléagineuses, marquant une avancée décisive du plan « Génération Green » vers l’objectif 50 % de semences certifiées nationales d’ici 2030.
Contexte institutionnel et déploiement des plateformes de démonstration
Dans le cadre du Programme Maroc Vert et de la feuille de route « Génération Green », l’INRA intensifie le maillage des sites de démonstration agricoles. Le nombre de plateformes passe de six à douze, notamment grâce à un partenariat renforcé avec la Société Nationale de Commercialisation de Semences (SONACOS). Ces sites, répartis entre le Saïss, le Gharb, la Souss‑Massa et le Doukkala, permettent d’évaluer la performance agronomique et l’adaptabilité climatique des nouvelles variétés.
La Directrice de l’INRA, Lamiae Ghaouti, souligne que cette extension vise à recueillir des données terrain auprès du ministère de l’Agriculture, de l’Office National du Conseil Agricole (ONCA) et des organisations de multiplicateurs de semences. L’objectif est de faire des variétés locales le socle de la production marocaine.
Analyse technique et enjeux économiques
Performance agronomique face aux variétés importées
Les essais comparatifs menés sur les douze plateformes mesurent rendement, résistance aux stress abiotiques et qualité nutritionnelle. La nouvelle variété d’orge « Achifaa », par exemple, affiche une tolérance accrue à la sécheresse et un taux de bêta‑glucane de 8 %, un critère de valeur ajoutée pour les industries de transformation et les consommateurs diabétiques.
Impact sur la chaîne de valeur semencière
Le chef du département d’Amélioration génétique, Moha Ferrahi, insiste sur le rôle du programme de multiplication des semences. Un accroissement du volume de semences nationales permet de réduire la dépendance aux variétés importées, dont le coût moyen dépasse de 15 % celui des semences locales certifiées. Cette dynamique soutient la compétitivité des exploitations du Gharb et du Saïss, zones majeures de production céréalière.
Implications concrètes pour les producteurs marocains
Pour l’agriculteur, la diffusion de ces obtentions se traduira par une plus grande disponibilité de semences adaptées aux conditions locales, notamment dans les zones arides du Sud et du Moyen Atlas. Les agriculteurs de la région de Souss‑Massa pourront ainsi tester la variété d’orge « Achifaa » dès la prochaine campagne, avec l’appui technique de l’ONCA et des multiplicateurs de semences certifiés.
Par ailleurs, les légumineuses améliorées, sélectionnées pour leur rendement en eau limité, offrent aux producteurs du Gharb une alternative plus rentable aux cultures traditionnelles, contribuant à la rotation des sols et à la fixation d’azote.
Perspectives et points clés à retenir
- Douze plateformes de démonstration opérationnelles, couvrant les principales zones céréalières du Maroc.
- Objectif national : 50 % de semences certifiées nationales d’ici 2030, contre 20 % aujourd’hui.
- Nouvelle variété d’orge « Achifaa »‑ résistance à la sécheresse, 8 % de bêta‑glucane, valeur nutritionnelle élevée.
- Programme de multiplication renforcé : réduction de la dépendance aux semences importées et baisse des coûts pour les agriculteurs.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre les nouvelles obtentions de l’INRA et les variétés importées INRA Afourer?
Les obtentions de l’INRA sont sélectionnées spécifiquement pour les conditions agro‑climatiques marocaines, offrant une meilleure résistance à la sécheresse et des rendements supérieurs dans les zones ciblées.
Comment les agriculteurs peuvent‑ils accéder aux nouvelles semences .INRA Afourer ?
Les semences seront distribuées via le réseau SONACOS et les multiplicateurs de semences agréés, après validation par l’ONCA sur les plateformes de démonstration.
Quel impact ces nouvelles variétés auront‑elles sur la souveraineté alimentaire du Maroc?
En augmentant la part des semences nationales, le pays renforce son autonomie agro‑alimentaire, réduit les coûts d’importation et consolide la résilience face aux aléas climatiques.