Production céréalière Maroc 2025-2026 : le virage porté par les fortes précipitations
Après sept années de sécheresse, les pluies hivernales de 2025 ont permis au Maroc d’envisager une production céréalière nationale proche de 90 millions de quintaux pour la campagne 2025‑2026, selon le ministère de l’Agriculture. Cette hausse, qui touche blé tendre, blé dur et orge, s’inscrit dans le cadre du Plan Maroc Vert et du programme Génération Green 2020‑2030.
Contexte hydrologique et données officielles (production céréalière Maroc 2025-2026)
Le Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) a présenté les estimations officielles : 3,9 millions d’hectares d’emblavement, majoritairement dans les bassins du Gharb, du Saïss et de Doukkala. La production totale devrait atteindre 90 millions de quintaux, contre 44 millions lors de la campagne 2024‑2025, qui avait été marquée par un déficit hydrique généralisé.
Les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau indiquent que le remplissage des barrages nationaux a grimpé à 46 % au premier semestre 2026, soit une hausse de 95 % par rapport à l’année précédente et 17 % au‑delà de la moyenne saisonnière. Cette évolution a directement alimenté les systèmes d’irrigation dans les zones céréalières.
Analyse des enjeux structuraux pour la filière céréalière
1. Restructuration des surfaces cultivées et rendement attendu
Le revirement hydrique autorise les agriculteurs à réaffecter des parcelles auparavant laissées en jachère. L’ADA et l’ONCA projettent un rendement moyen de 4,5 t/ha pour le blé tendre, proche du niveau visé par le Plan Maroc Vert. Cette performance dépendra de l’accès à l’irrigation de précision, encouragée par le Programme d’Appui à la Modernisation de l’Agriculture (PAMA).
2. Financement et soutien technique
Le Fonds d’Appui à l’Agriculture (FENAGRI) a prévu une enveloppe de 2 milliards de dirhams pour les projets d’irrigation durable et la conversion des cultures légères en céréales. Le COMADER, en partenariat avec l’INRA, travaille sur des variétés de blé résilientes aux variations de précipitations, alignées avec les objectifs de Génération Green.
Implications concrètes pour les producteurs marocains
Sur le terrain, les agriculteurs du Gharb et du Saïss peuvent anticiper une hausse de leurs revenus grâce à la revente de blé à des prix plus stables, soutenus par la demande intérieure et les contrats d’exportation avec l’Union européenne. La disponibilité accrue d’eau pilote la mise en place de systèmes d’irrigation goutte‑à‑goutte, réduisant la consommation d’eau de 30 % et augmentant le rendement de 0,8 t/ha.
Dans les zones de l’Oriental, où l’orge constitue la culture principale, les prévisions de production atteindront 12 millions de quintaux, renforçant la chaîne d’alimentation animale et améliorant la balance commerciale du secteur. Les coopératives locales, soutenues par l’ORMVA, sont encouragées à mutualiser les coûts d’irrigation et à investir dans des silos de stockage modernes.
Perspectives et points clés à retenir
- Production céréalière cible : 90 millions de quintaux pour 2025‑2026, soit +104 % par rapport à 2024‑2025.
- Remplissage moyen des barrages : 46 % début 2026, reflet d’une hausse de 95 % des précipitations.
- Superficie emblavée : 3,9 millions d’hectares, concentrée dans le Gharb, le Saïss, Doukkala, Tadla et l’Oriental.
- Rendement moyen visé : 4,5 t/ha pour le blé tendre grâce aux apports du Plan Maroc Vert et de Génération Green.
- Financement agrégé : 2 milliards de DH (FENAGRI) pour irrigation durable et variétés résilientes.
Questions fréquentes
Quelle superficie de blé sera effectivement cultivée en 2025‑2026 au Maroc ?
Le ministère de l’Agriculture estime à 3,9 millions d’hectares la surface totale d’emblavement, principalement dédiée au blé tendre, blé dur et orge.
Comment les pluies de l’hiver 2025 influencent-elles le remplissage des barrages ?
Les précipitations ont porté le remplissage moyen des barrages à 46 % début 2026, soit une hausse de 95 % par rapport à l’année précédente et 17 % au‑delà de la moyenne saisonnière.
Quel impact concret ces conditions auront‑elles sur le revenu des agriculteurs du Gharb ?
Une production plus abondante permet des prix plus stables et une meilleure marge bénéficiaire grâce à la réduction des coûts d’irrigation et à la mise en marché plus rapide du blé.